Démo #2 : les origines de « pipelette »

Laura - 11 janvier 2024

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1. Concierge.
2. Personne qui a le goût des commérages et parle sans arrêt

Vous vous souvenez de notre ami Eugène Sue du dernier Démo ? Le plus célèbre auteur de roman-feuilleton du XIXème grâce aux Mystères de Paris….

Eugène Sue fait partie de la jeunesse dorée du Paris du XIXème siècle. Il accorde une énergie considérable à frayer avec les plus grands nobles de l’époque alors qu’il est seulement bourgeois. Il est prêt à tout pour paraître dandy (je suis sûre qu’il parlait en franglais le bon Eugène) et anglophile. Ses premiers romans ne percent pas, ce qui l’éloignent du beau monde.

Sue veut sa revanche (en mode Rastignac) et demande conseil à un de ses amis qui lui recommande d’écrire un roman sur la plèbe ; ce à quoi Eugène répond : « Mon cher ami, je n’aime pas ce qui est sale et qui sent mauvais »,
Ok Eugène. Bon finalement, notre raffiné Eugène change d’avis et décide de faire une expérience sociale en enfilant ses meilleurs haillons pour passer incognito dans les bars craignos de la capitale. Il assiste à une bagarre qui sera le point de départ du premier chapitre des Mystères de Paris. Le 19 juin 1842, le premier chapitre paraît dans le Journal des Débats, c’est un succès immédiat et universel. 8 volumes sont convenus rapidement ce qui explique la qualité littéraire médiocre des ouvrages. Le roman dépasse toutes les espérances de son auteur qui comprend qu’il traite d’un sujet grave qui intéresse le peuple comme la haute société : celui des bas-fonds et des classes laborieuses. Il inaugure ainsi le grand genre du roman social du XIXème. Publiés sans interruption à des tirages records pendant plus d’un an, les Mystères de Paris participent à l’éveil de la conscience social qui mènera à la révolution de 1848. Oubliés aujourd’hui, les Mystères de Paris est une œuvre qui occupe une place à part dans la littérature française et a inspiré des centaines d’autres romans !

Et pipelette dans tout ça ?
Voulant certainement jouer avec l’onomastique (l’étude des noms), Sue nomme le couple de gardien d’immeuble de son roman les « pipelet ». Le mot viendrait du « verbe piper » qui signifie « glousser » en latin populaire « pippare ». Au XIXème, le mot « pipelet » désigne simplement un concierge. Anastasie Pipelet, la femme du concierge, aime jaser et médire ce qui fait d’elle « une concierge bavarde et discrète ». Le succès phénoménal du roman fait entrer la « pipelette » dans le langage courant, avec une couleur- aujourd’hui encore- péjorative.