Tivoli :  “lorsque le peuple s’amuse, il ne pense pas à la politique”

Laura - 11 janvier 2024

Au milieu du XIXème siècle en Europe, les monarques et leurs monarchies tombent comme des mouches…. C’est le Printemps des peuples et le petit royaume du Danemark a encore à sa tête un monarque absolu, Christian VII, qui a peur de la perdre. Spoiler : la monarchie absolue danoise ne survivra pas aux révolutions de 1848 mais au début de la décennie, c’est encore inimaginable pour le roi Christian VIII. Ce dernier sent le mécontentement monter et fait appel à l’officier Georg Carstensen qui lui souffle l’idée de construire un parc à thèmes pour distraire le peuple et l’éloigner de la vie politique. Le roi accepte mais la question de l’emplacement du parc est un casse-tête : Copenhague est en effet en pleine expansion à cette époque et la vielle ville est fortifiée. Il est donc décidé de construire le parc aux portes de la ville, à « vesterport », la porte de l’ouest. Aujourd’hui, les jardins de Tivoli sont au cœur de Copenhague. Le projet est ambitieux et prend ouvertement comme modèles les fabuleux jardins de la villa d’Este à Tivoli en Italie. Il adopte comme premier nom Kjøbenhavns Tivoli & Vauxhall en référence direct aux jardins de Tivoli à Paris (aujourd’hui disparu, il s’agissait d’un parc de loisirs et de libertinage lui aussi inspiré des jardins de la villa D’este (c’est un peu Tivoliception)) et aux jardins Vauxhall de Londres. Christian VIII veut faire de Tivoli un lieu de vie exceptionnel en implantant des manèges, des spectacles de Pantomime, des bâtiments aux goûts exotiques (comme un pagode chinoise ), des concerts en plein air et des défilés costumés. Ouvert en 1843, les jardins de Tivoli rencontrent un succès immédiat. Il s’agit du second parc d’attractions le plus vieux du monde toujours en activité (après celui de Bakken, juste à côté de Copenhague!). Dans les premiers temps, le parc propose à ses visiteurs une montagne russe unique en bois qui offrait 7 secondes de sensations, une prouesse pour l’époque. Plusieurs pavillons représentent la richesse culturelle de la ville (un pavillon indien, oriental…) et le parc s’enrichit de nouvelles attractions comme la célèbre Rutschebanen en 1914, la montagne russe en bois la plus ancienne encore en activité.
En 1944, les nazis voulurent réduire la culture danoise en brûlant des bâtiments emblématiques de Tivoli dont la salle de concert ; mais les danois construisirent des édifices temporaires et le parc pu rouvrir quelques semaines plus tard (cheh).
En 1951, Walt Disney visite les jardins de Tivoli. Selon ses proches collaborateurs, Tivoli sera une source d’inspiration pour la création du parc Disneyland de Californie.

Tivoli aujourd’hui :

L’aspect d’origine du parc a su être relativement conservé même s’il est aujourd’hui entouré de grandes avenues au trafic routier important. L’entrée mythique du parc avec son arche illuminée de 115 000 ampoules est inchangée depuis 1843. Avec 4 millions de visiteurs par an, Tivoli est la principale attraction du Danemark. Aujourd’hui largement dépassé par les parcs d’attraction moderne mais son charme reste complet. Le parc change de visage à chaque saison mais n’est plus ouvert toute l’année à cause de la météo parfois capricieuse de Copenhague. A la nuit tombée (c’est-à-dire à 15H30 trois quart de l’année), le parc s’illumine de milliers de lumières jusque dans les feuilles des arbres. C’est assez incroyable de visiter ce parc à l’ambiance si particulière en plein milieu d’une grande ville comme Copenhague. Les attractions tournent autour de la mythologie nordique et des contes et il y a relativement peu de monde en comparaison des parcs d’attraction traditionnels. L’entrée simple sans les attractions est à 22 euros et le pass avec attractions à 60 euros.